Le brevet de maîtrise au Luxembourg

12 de Julho de 2018 | Setores de actividade no Luxemburgo | Christopher Arimont

Même s’il est vrai que c’est en forgeant que l’on devient forgeron, la pratique à elle seule ne suffit pas à pouvoir se faire appeler Maître sur le plan professionnel au Luxembourg.

Le terme « brevet de maîtrise » possède une sonorité légèrement ancienne, ce qui est parfaitement normal puisqu’il nous vient d’un autre temps. En effet, les restrictions d’accès aux métiers de l’artisanat existaient déjà au Moyen-Âge. En 1897, le brevet de maîtrise a été réintroduit et depuis 1908, il a été réclamé par ceux qui souhaitaient former des apprentis. Parallèlement, on y perçoit également une pointe de noblesse. Une touche raffinée qui confère à l’ensemble une certaine valeur et qui se distingue par le fait que le brevet de maîtrise offre des perspectives et des possibilités concrètes.

En effet, il s’agit de la qualification la plus élevée d’une formation artisanale. La réception du brevet de maîtrise procure le droit de s’établir professionnellement de manière indépendante, c’est-à-dire de fonder sa propre entreprise ou de reprendre la gestion d’une entreprise. Le maître reçoit également le droit de former des apprentis et de les accompagner dans la réalisation de leur DAP (Diplôme d'aptitude professionnelle). Un titre qui porte donc très bien son nom.

La réception du brevet de maîtrise procure le droit de s’établir professionnellement de manière indépendante, c’est-à-dire de fonder sa propre entreprise ou de reprendre la gestion d’une entreprise.

La formation

« La mission de la Chambre des Métiers (CDM) de Luxembourg consiste à garantir la qualité de la formation de ces futurs chefs d’entreprise et à la conserver constamment à un haut niveau, ou de l’adapter aux exigences de l’époque actuelle et de l’améliorer », explique Marc Bissen, Responsable principal du Brevet de Maîtrise, CDM. « En effet, au fil du temps, la structure des entreprises a évolué. Elles sont souvent plus grosses qu’auparavant, ce qui entraîne la création de subdivisions et implique un glissement des responsabilités individuelles. »

La formation de ces maîtres consiste en deux parties principales : la gestion d’entreprise et la pédagogie appliquée d’un côté et les compétences spécialisées de l’autre. Les cours de maîtrise ont lieu en automne et au printemps et la période d’examen a généralement lieu à partir d’avril. Un diplôme de maîtrise nécessite une certaine ténacité, étant donné que les cours ont lieu le soir et pendant le week-end – en règle générale, les candidats ont déjà une activité professionnelle.

Accessibilité

« L’accès au brevet de maîtrise est réglementé par les diplômes, le minimum étant le DAP. D’éventuelles exemptions sont possibles pour les cours, mais pas pour les examens », confie Bissen. « La formation dure au total trois ans. L’exemption permet cependant de raccourcir cette période. Les cours ont notamment lieu au sein du centre de formation de la CDM, même si la majeure partie se déroule dans les différents lycées professionnels et au Centre National de Formation Professionnelle Continue (CNFPC) afin de satisfaire la demande croissante. En outre, cette répartition sur la totalité du territoire nous permet d’assurer à chacun un trajet aussi court et aussi simple que possible. En 2016, nous avions par exemple 715 candidats, répartis en 66 classes et accompagnés par 110 formateurs. Un bilan pour le moins positif.

L’examen final est majoritairement orienté vers la pratique. Les candidats doivent pouvoir prouver qu’ils possèdent au moins un an d’expérience professionnelle afin d’être admis à l’examen final.

Il existe par ailleurs une demande significative de cours en luxembourgeois/allemand et en français, du moins en ce qui concerne la théorie spécialisée. Du point de vue de la gestion d’entreprise, ce bilinguisme existe cependant depuis longtemps pour tout ce qui concerne la jurisprudence, la comptabilité, la gestion d’entreprise, la création d’entreprise et la pédagogie appliquée. Il est à noter que ces deux derniers points ne peuvent faire l’objet d’aucune exemption. Les examens en eux-mêmes sont avant tout théoriques, mais l’examen final est majoritairement orienté vers la pratique. Les candidats doivent pouvoir prouver qu’ils possèdent au moins un an d’expérience professionnelle afin d’être admis à l’examen final. Nos cours sont extrêmement complets mais ne remplacent en aucun cas l’expérience professionnelle. Il y a tellement de choses qui ne s’apprennent pas autrement… »

Afin que chacun puisse se familiariser au mieux avec les matières complexes, la CDM déploie des efforts considérables lors de l’élaboration et de la présentation de ses cours. « Étant donné que les candidats exercent une activité professionnelle, il est primordial de rendre les cours intéressants et attirants, même tard le soir ou pendant le week-end. C’est la raison pour laquelle nous travaillons en permanence sur nos supports pédagogiques, tant sur le plan du contenu que sur celui de la pédagogie et de l’esthétique. Il est extrêmement difficile d’éveiller l’intérêt sur la durée face à un sujet complexe enveloppé dans un format ennuyeux. »

Des perspectives d’avenir prometteuses

La formation de maître fournit aux candidats le bagage nécessaire pour fonder leur entreprise et la diriger avec succès sur le long terme. Même les candidats qui n’aspirent pas forcément à l’indépendance professionnelle possèdent les connaissances spécialisées nécessaires pour réussir à endosser sans problème un rôle de gestionnaire au sein d’une entreprise.

“Les chiffres de l’ADEM démontrent que le Luxembourg ne compte aucun chômeur à long terme possédant un brevet de maîtrise. Ce fait très rassurant démontre à nouveau la valeur de cette formation. Les maîtres-artisans sont toujours très recherchés étant donné que leur formation est garante d’un travail de qualité.”

Marc Bissen, Responsable principal du Brevet de Maîtrise, CDM

Des formateurs expérimentés

« Afin de maintenir ce niveau, nous sommes en permanence à la recherche de formateurs de haute qualité. Il est relativement simple de trouver des spécialistes pour chaque domaine. Le meilleur savoir-faire professionnel a cependant peu d’utilité lorsqu’il ne peut pas être transmis correctement. C’est la raison pour laquelle ces spécialistes doivent impérativement posséder la fibre pédagogique. Naturellement, nous formons les formateurs potentiels aux cours qu’ils dispensent. Ils doivent eux-mêmes suivre une formation initiale pédagogique et didactique. Nous sommes à leurs côtés à chaque étape afin de leur garantir la sécurité d’une bonne préparation. Ainsi, chaque manuel de cours destiné aux futurs maîtres est par exemple accompagné d’un guide à l’attention des formateurs afin de garantir la cohérence de la totalité de la formation. »

Des informations supplémentaires sur cette formation sont disponibles sur brevet.cdm.lu

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