Formation de maître-artisan « rechargée »

18 de Julho de 2018 | Setores de actividade no Luxemburgo | Christopher Arimont

Les restructurations du brevet de maîtrise se déroulent comme prévu

Les structures et les systèmes doivent faire preuve de souplesse. S’ils ne sont plus en phase avec leur époque, alors il faut les modifier. C’est précisément ce qui se produit actuellement à la Chambre des Métiers (CDM) en ce qui concerne le brevet de maîtrise.

Les premières réflexions concernant une restructuration de cette qualification professionnelle pour les artisans ont commencé il y a déjà longtemps. En 2013, l’idée a été suggérée d’améliorer la qualité de l’offre de formations afin de rendre celle-ci plus attractive. Une étude menée au préalable a confirmé la nécessité d’une réforme. Fin 2015, le projet abouti a été présenté au ministre de l‘Éducation et il en a découlé le projet-pilote. Le projet-pilote s’adresse à l’artisanat de l’agro alimentaire et sert de base pour la réforme de tous les autres domaines de l’artisanat.

Le projet-pilote s’adresse à l’artisanat de l’agro alimentaire et sert de base pour la réforme de tous les autres domaines de l’artisanat.

Positionnement stratégique

Le brevet de maîtrise est une formation professionnelle de perfectionnement dans un domaine spécifique. La spécialisation est certes une bonne chose, mais il faut vivre avec son époque et savoir s’adapter à un marché en mutation ainsi qu’aux dernières exigences des clients.

« La dernière grande réforme du brevet de maîtrise remonte à il y a 20 ans » explique Marc Bissen, chef de service du Brevet de Maîtrise de la CDM. « Beaucoup de choses se sont produites en plus de 20 ans. Nous voulons innover en matière de projet, en répondant à la fois aux exigences d’un monde du travail moderne ainsi qu’aux exigences actuelles des clients.

Le brevet de maîtrise doit à long terme être accessible à un large groupe cible et s’adapter aux nouvelles tendances ainsi, notamment, qu’à l’importance toujours croissante du numérique pour les entreprises. C’est pour ces raisons que la Chambre des métiers a créé un comité de pilotage pour cette réforme. Ce comité compte notamment parmi ses membres le directeur de la formation professionnelle du ministère de l’Éducation.

Le travail s’oriente selon différents niveaux et différentes thématiques : le brevet de maîtrise doit parvenir à une meilleure reconnaissance dans le paysage de la formation au Luxembourg. En Allemagne et en Autriche, le brevet de maîtrise est déjà considéré équivalent à un diplôme de licence. L’objectif est de le faire entrer également dans le cadre des certifications au Luxembourg (LQR). La taille du pays est ici un avantage, étant donné qu’elle nous permet de mettre ce projet en place relativement rapidement, facilement et peut-être même mieux.

L’un des précieux sous-produits de la réforme est l’amélioration de la communication entre les différents domaines professionnels :

“Il s’est avéré que la combinaison interprofessionnelle de certains domaines d’activité a permis de créer des synergies constituant une valeur ajoutée stratégique pour répondre aux besoins et aux exigences actuels des clients et du marché, et donc être bénéfique à tous.”

Marc Bissen, Chef de Service du Brevet de Maîtrise de la CDM

« Les contenus et les activités pédagogiques proposés dans le cadre de la formation pour une maîtrise doivent être entièrement revus, les modalités d’examen adaptées en conséquence et les instructeurs qualifiés et accompagnés afin de pouvoir garantir à long terme une qualité exemplaire. »

Restructuration de l’artisanat de l’agro-alimentaire

Le groupe de travail a lancé la mise en place du projet-pilote en mars 2016. En raison de la grande ampleur de mission, le groupe se composait de représentants de différents corps de métiers ainsi que d’enseignants et d’experts interprofessionnels en activité. Dans une première phase, il a été question de structurer la nouvelle formation de maîtrise ainsi que de mettre au point un programme d’enseignement se concentrant sur les résultats d’apprentissage.

« Plutôt que de réformer tous les domaines de l’artisanat en même temps et de déterminer ultérieurement que la réforme ainsi que la nouvelle méthode qui en découle aurait pu être encore mieux pensées, le projet-pilote a commencé en ne travaillant que sur un seul domaine », a déclaré M. Bissen.

« La formation d’enseignement théorique inclut trois blocs interdisciplinaires ainsi qu’un bloc technique spécifique. Les éléments interdisciplinaires sont notamment le traitement en matière de sécurité alimentaire et la diététique avec des thèmes tels que l’hygiène, la traçabilité, l’intolérance alimentaire, l’étiquetage ainsi que le calcul des valeurs nutritionnelles. Les technologies de production, les étapes de traitement, les procédés, l’optimisation des procédés, la logistique de stockage, les infrastructures et l’utilisation des appareils et des machines sont également enseignés selon un modèle interdisciplinaire.

Par ailleurs, les candidats à la maîtrise suivent également des cours sur la gestion spécifique des entreprises agro-alimentaires. Leurs spécificités incluent des éléments tels que la sécurité et la santé sur le lieu de travail, le calcul professionnel et les estimations, la commercialisation et les méthodes de négociation, l’introduction d’applications e-business ainsi que la gestion des services de traiteur pour des événements.

Par ailleurs, les candidats à la maîtrise suivent également des cours sur la gestion spécifique des entreprises agro-alimentaires. Leurs spécificités incluent des éléments tels que la sécurité et la santé sur le lieu de travail, le calcul professionnel et les estimations, la commercialisation et les méthodes de négociation, l’introduction d’applications e-business ainsi que la gestion des services de traiteur pour des événements.

Le bloc d’enseignement technique spécifique contient des connaissances spécialisées et des éléments de conception de plats et traite de l’étude de la marchandise et des matières premières, c’est-à-dire de la manipulation, des propriétés et des critères de fraîcheur ainsi que de la mise au point de recettes. Ce bloc comporte trois parties spécifiques selon l’activité : boulangerie et pâtisserie, boucherie, et épicerie fine. Les candidats à la maîtrise participent en principe aux trois parties spécifiques et doivent également passer un examen dans chacun de ces domaines. La raison de ce mode de fonctionnement est que le droit d’établissement et de formation qui inclut tous ces domaines d’activité dans le secteur de l’agro-alimentaire. Le futur maître-artisan doit ainsi avoir la possibilité de développer son offre de produits et de services s’il en a l’envie. En ce qui concerne le côté pratique, chacun peut choisir son propre domaine de spécialité. Une fois un examen pratique réussi, les candidats reçoivent leur brevet de maîtrise dans l’artisanat de l‘agro-alimentaire avec la spécialisation choisie ».

Nouvelle approche : une meilleure qualité plus attractive

« La principale question ici est de savoir ce qu’un maître-artisan doit être capable de faire, une fois sa formation terminée. Jusqu’à présent, nous sommes uniquement partis des contenus déjà présents » avance Marc Bissen. « Avec la réforme, nous introduisons un nouveau processus. Dans une première phase, les différents résultats d’apprentissage ont été définis, ce qui est très fastidieux étant donné que le niveau, la profondeur et la complexité de chaque compétence ont dû être déterminés. Dans une deuxième phase, les examens ont été adaptés aux résultats d’apprentissage. Dans une troisième phase, il a été question du développement et de la structuration des activités pédagogiques afin d’atteindre les résultats d’apprentissage précédemment définis.

Début 2017, la création des programmes d’enseignement était terminée. L’une des principales inquiétudes était que la combinaison des domaines entraîne la perte d’éléments capitaux. En fait, c’est précisément le contraire qui s’est produit : la formation contient tous les sujets traditionnellement importants mais également 70 % de nouveaux contenus et offre ainsi des perspectives modernisées, complètes et attractives.

La diversité des activités pédagogiques requiert de nouveaux parcours d‘apprentissage. Ainsi, une plateforme pédagogique numérique a notamment été développée, des modules d’apprentissage en ligne ont vu le jour, une application pour se préparer aux examens est prévue, ainsi que la mise à profit de différents forums en ligne afin de permettre de mieux contrôler les processus d’apprentissage et d’offrir aux futurs maîtres-artisans un apprentissage qu’ils organisent eux mêmes, indépendamment du lieu et de l’heure. Le programme du brevet de maîtrise est transparent et clair afin que chacun et chacune sache précisément ce qui l’attend. Dans le domaine de l’artisanat de l’agro-alimentaire, les premiers cours commencent à l’automne. À l’heure actuelle, deux autres projets de réforme sont en cours de conception. Il existe une phase de transition de deux ans durant laquelle les personnes ayant déjà commencé leurs formations peuvent choisir de la terminer selon les règles précédemment en vigueur ou selon le nouveau système.

L’un des nets avantages présentés par la nouvelle formation de maître-artisan est l’accessibilité aux candidats individuels, étant donné que les contenus sont désormais conçus pour être interdisciplinaires et non plus de nature spécifique à une profession. Par ailleurs, la revalorisation du diplôme offre une nouvelle perspective intéressante. Elle est devenue plus moderne et se libère des anciens modèles, ce qui constitue une évolution largement positive ».

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